Pourquoi KiloEcho existe

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Par Nuno CastroSapeur-pompier · Fondateur de KiloDelta
Pourquoi KiloEcho existe

KiloEcho n'était pas prévu. C'est une remarque d'un officier du SDIS de Vaucluse, à la fin d'une présentation de KiloDelta, qui a lancé le projet. Voici d'où vient cette application, ce qu'elle fait, ce qu'elle ne fait pas et ce que j'ai appris en la construisant.

Je n'avais pas prévu de faire une deuxième application, enfin si mais pas celle-là.

KiloEcho est né à la fin d'une présentation de KiloDelta à un officier du SDIS de Vaucluse. Il m'a écouté dérouler la simulation feux de forêt, les cartes DFCI, etc..., puis il m'a dit en substance : « Ce serait bien d'avoir la même chose pour les inondations. » Sur le moment j'ai noté ça dans un coin de ma tête. Le problème, c'est que ce genre de phrase ne repart jamais vraiment.

Dans le Vaucluse, l'inondation n'est pas un risque théorique. Tout le monde ici a en mémoire le 22 septembre 1992, quand l'Ouvèze a emporté une partie de Vaison-la-Romaine. Et c'est de là que vient le nom : la zone de Vaison-la-Romaine tombe dans la maille KE. KiloDelta, KiloEcho : deux mailles du même quadrillage, deux risques du même département. Je voulais que le nom reste ancré chez nous.

Un noyau commun, deux applications

Plutôt que de forker KiloDelta et de maintenir deux bases de code qui divergent, j'ai passé du temps à extraire un noyau commun : la cartographie hors-ligne, le carroyage, les comptes, les notifications, le backend. KiloDelta et KiloEcho partagent aujourd'hui cette fondation et c'est d'ailleurs le même serveur qui alimente les deux. Ce qui change, c'est tout ce qui est métier : les sources de données, les modules, la façon de raisonner le risque.

Concrètement, KiloEcho c'est cinq choses. La Simulation, un curseur qui fait monter l'eau sur la carte, de la crue décennale à la crue de retour 500 ans, calé sur les cotes Vigicrues en temps réel. La Vigilance, qui suit vos stations hydrométriques : cote, débit, hydrogramme, échelle des crues historiques, et des alertes quand un niveau change y compris sur un seuil que vous fixez vous-même, en mètres. La Carte aléa, qui superpose les zonages officiels (PPRI, remontées de nappes). Les repères de crues, ces plaques émaillées que la plateforme nationale recense et que l'app affiche sur la carte.

Ce que la simulation n'est pas

Il faut être honnête sur un point. Dans KiloDelta, la simulation est un calcul en temps réel : le moteur prend le vent du moment, l'état de la végétation, le relief, et propage un front de feu pendant que vous regardez l'écran. Dans KiloEcho, ce n'est pas ça. La simulation livre des données déjà calculées. Les emprises et hauteurs d'eau du JRC/Copernicus, modélisées en amont pour chaque période de retour que l'app recale intelligemment sur la situation hydrologique du moment. C'est un choix assumé, et c'est aussi une leçon.

Parce que je vais l'écrire tel quel : j'ai été trop arrogant. Je pensais sincèrement qu'une simulation d'inondation serait plus simple qu'une simulation de feu de forêt. L'eau descend, elle suit la pente, où est le problème ? Le problème, c'est que l'hydraulique se joue au mètre près, parfois moins. Et le noyau commun hérité de KiloDelta repose sur un modèle numérique de terrain à 30 mètres de résolution, largement suffisant pour propager un front de flammes sur un massif, très insuffisant pour dire si l'eau passe au-dessus de votre muret. Un feu pardonne une approximation de relief ; une crue, non. Plutôt que de livrer un calcul maison faux au mètre près, j'ai préféré m'appuyer sur des modélisations de référence, produites par des gens dont c'est le métier, et concentrer mon travail là où je peux apporter quelque chose : les rendre lisibles, locales, vivantes, et disponibles dans la poche.

KiloEcho restera donc un outil de lecture du risque, pas un bureau d'études. Il ne remplace ni Vigicrues, ni Météo-France. Il essaie juste de faire ce que KiloDelta fait pour le feu : mettre la bonne information, au bon format, dans la main de ceux qui en ont besoin.

La suite au prochain épisode, et si vous croisez un officier qui a des idées à la fin d'une présentation, méfiez-vous, ça peut vous coûter des nuits de travail.

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Nuno Castro Sapeur-pompier · Fondateur de KiloDelta

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